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Né en 1810 à Dublin d'une mère irlandaise et d'un père basque (ou plus précisément souletin), Antoine d'Abbadie s'affirme en ardent défenseur de sa langue et sa culture.

En 1836, il publie avec Augustin Chaho des Etudes Grammaticales sur la Langue Euskarienne, avant de créer, quelques années plus tard, à Urrugne, les fêtes euskariennes. Son investissement envers le peuple basque est tel qu'on lui donne, à sa mort, le nom de « Euskaldunen Aïta ».

Scientifique passionné de voyages

Bien que fervent chrétien, Antoine d'Abbadie reste un savant hors du commun, passionné de géographie, d'astronomie et de culture orientale.

Grand voyageur, il réalisa la première cartographie de l'Ethiopie après un séjour de onze ans dans ce pays. Géodésien et astronome, il s'est intéressé par exemple aux problèmes de la variation de la verticale, de la micro-sismicité, des sources du Nil ou de la cartographie céleste.

Elu membre de l'Académie des sciences en 1867, il en devient le président en 1892.

Son château abrite un observatoire d'astronomie, qui a fonctionné jusqu'en 1975.

A sa mort, en 1897, Antoine d'Abbadie lègue son château à l'Académie des Sciences. Elle en est aujourd'hui encore propriétaire.

 

Pour connaître davantage l'histoire du site et d'Antoine d'Abbadie, consultez notre site dédié.

Visite

Le vestibule

L’escalier d’honneur est agrémenté par un vitrail riche en couleurs. Le décor présente les armoiries familiales et, dans les phylactères, les devises : « Plus être que paraître » « Ma foi et mon droit ».

Le monde irréel des animaux fantastiques servant de consoles à l’escalier d’honneur, s’associe au décor exotique des boucliers et cornes d’animaux éthiopiens.

La bibliothèque

Placée au cœur du château, lieu de travail et de réflexion, elle est le symbole de l’esprit éclectique d’Antoine d’Abbadie. Les rayonnages sont parcourus par une galerie en châtaignier. Des consoles de fer à gros boulons la soutiennent dans un décor qui préfigure l’Art Nouveau. Elle est composée d’ouvrages scientifiques et littéraires.

Lorsqu’Antoine d’Abbadie légua son château à l’Académie des sciences, en 1896, cette bibliothèque dénombrait plus de 10 000 volumes, entre autres plus 960 ouvrages basques et 234 superbes manuscrits écrits en Ghez, langue liturgique éthiopienne.

Dans la partie inférieure sont classés des publications astronomiques qui témoignent, avec les machines à calculer sur la table, de l’activité de l’ancien observatoire.

Le Salon d’Honneur

Grande pièce circulaire située dans la tour sud. Lambrissée à mi-hauteur, les murs sont peints en bleu et parsemés des monogrammes dorés A et V en caractères gothiques.

La cheminée constitue l’ornement principal de ce salon. 

Au centre de la hotte, le blason d’Antoine d’Abbadie avec sa devise « Plus être que paraître » en phylactère mais également un décor reposant sur le thème du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle.

La Chambre d'Honneur

Cette chambre était réservée aux invités.


Les murs sont recouverts de grands panneaux de toile peinte tendue, garnis de rosaces avec de la calligraphie arabe.

Le lit à baldaquin porte l’inscription en vieux français « Doux sommeil, songes dorés, à qui repose céans, joyeux réveil, matinée propice » .

La cheminée s’agrémente de carreaux de majolique jaune et bleu turquoise ; sur le fond du carrelage on peut lire le proverbe arabe : « Ne jette point de pierres dans le puits dont tu bois l’eau ».

La Chapelle

La décoration de cette chapelle porte la marque de Duthoit et de son goût certain pour l’art sicilien ou oriental.

La nef, grande salle rectangulaire, prévue dès l’origine pour accueillir les fermiers du domaine, est surmontée d’une superbe charpente dont les arcs supportent un plafond de bois peint. Les murs de la nef drapés de rouge, en trompe l’œil, portent le monogramme de S.A. (Saint Antoine le Grand).

Antoine et Virginie reposent en paix, en-dessous de l’autel, dans une crypte.

Le Château dans son environnement

Dressé face à l'océan, Abbadia, le Château Observatoire, a été construit par Eugène Viollet le Duc entre 1864 et 1884.
D'architecture néo-gothique, l'édifice est inspiré des modèles de châteaux-forts du Moyen-âge.

Mêlant style néogothique et orientalisme, la richesse de sa décoration en fait un haut lieu de l’ornementation et de la polychromie. L’édifice se compose d’un corps central d’où partent trois ailes recevant chacune une affectation privilégiée.
Cette disposition, tout en permettant un maximum d’ensoleillement et d’ouverture sur la nature environnante, rend possible une répartition fonctionnelle entre les pièces d’agrément et l’ensemble des services.

La scénographie extérieure vous fera découvrir le parc d'Abbadia de sa génèse à nos jours. Plongez dans ce lieu aux mille facettes : jardin paysager, parc agricole, laboratoire scientifique, terrain de golf et même camping ! Eléments d'interprétation, photos d'archives et plans, un voyage dans le temps garanti.